Groupe SAP

octobre 6, 2007

Réinventer les musées en Afrique

Filed under: Colloques — groupesap @ 10:08

REINVENTER LES MUSEES EN AFRIQUE
Colloque international, Archives Nationales, Tunis, Avril 2009

Sur une initiative du
Groupe de Réflexion : Socio-anthropologie des Arts Plastiques dans les contextes périphériques (SAP)

En partenariat avec
L’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux (IRIS – UMR 8156 CNRS/Inserm/EHESS/Université Paris 13)
&
Les Archives Nationales de Tunisie

Avec le soutien de
L’Institut Français de Coopération

Argumentaire

La nouvelle géopolitique culturelle et une récente cartographie artistique mondiale ont favorisé des  »Zones de Contact » entre différentes communautés à travers le monde. Cette tectonique des plaques remet en question les frontières de l’état nation, engendre la polycentralité du paysage artistique, la dé-contextualisation des objets et leur intégration dans les circuits scénographiques des grandes expositions métropolitaines (De Magiciens de la Terre à Africa Remix). Cette décentralisation culturelle a encouragé les nouvelles stratégies discursives des musées. Les collections se traduisent par la construction de significations spécifiques et par une définition de la sphère culturelle. Ces espaces de sens, où se négocient différentes écritures de l’histoire, sont cependant ambiguës.

Les critiques formulées récemment sur la pertinence des musées ethnographiques (collection, scénographie, pratiques discursives, etc.) témoignent de la difficulté de l’institution muséale à illustrer une mémoire métissée et convertir les rapports entre les différents groupes de la nation. En Afrique, le problème est plus complexe, car comment le musée peut écrire l’histoire sans les supports qui permettent de la tracer? Ce besoin a fait des musées un lieu d’ambivalence et de conflit, de résistances et de revendications postcoloniales qui sont de plusieurs ordres. Les demandes de restitution des objets (issus de pillage, butin de guerre ou legs) sont formulées par les états, les associations ou par des personnes morales. Les arguments avancés par les grands musées du monde (British Museum, Louvre, Metropolitan Museum of Art de New York, Prado de Madrid, Hermitage de St Petersburg, Rijksmuseum de Amsterdam) s’appuient largement sur le concept d’universalité et le principe d’humanisme qui fonde certes l’institution muséale. Mais ils se traduisent aussi dans plusieurs termes: droit de partage du savoir et de la connaissance, expositions itinérantes, échanges et prêts, mais surtout incapacité des musées africains à répondre aux critères de sauvegarde des collections.

Outre les conventions votées par les organismes internationaux pour mettre fin aux insuffisances et à l’hémorragie dont souffrent les musées africains, plusieurs professionnels pallient à ce désengagement des états en matière de conservation des patrimoines nationaux par le biais de divers organismes et programmes de soutien (Prema, Africa 2009, WAMP, Unesco, Epa, Iccrom, Icom, etc). Dans ces sphères, les enjeux relatifs aux techniques de conservation et de restitution, les carences, les tendances et modèles d’exposition dans les musées en Afrique restent éminemment politiques. Ils interpellent le sujet et le statut de l’objet dans un contexte postcolonial.

Quels sont les défis que la patrimonialisation des objets d’arts archéologique, historique, mais aussi d’art contemporain en Afrique doit affronter ?

Ce nouveau colloque organisé par le SAP propose de prolonger à Tunis les débats soulevés par le numéro 70 de la Revue Africultures, Réinventer les musées (Mai/Juin/Juillet 2007). Certains participants de ce numéro sont invité à présenter leur institution ou leur perception des musées africains et à dialoguer avec les chercheurs, les membres de la communauté muséale et artistique français et tunisiens. Selon l’un des objectifs majeurs du SAP seront évoqués, comme points de comparaison et d’inspiration, d’autres contextes culturels – Asie, Amérique Latine. Le colloque proposera ainsi un examen des modèles et paramètres du musée d’art et d’histoire en Afrique.

Si les états possèdent des collections d’une grande diversité, présenter dans une même institution archéologie, arts et traditions et pratiques contemporaines ne permet sans doute pas la mise en place de questionnements adaptés à chacun de ces objets. Le contexte tunisien aujourd’hui à un tournant de son histoire muséale (restructuration des musées et rénovation de grande envergure, mais aussi création d’un nouveau centre culturel : la cité de la culture) constituera un cadre pertinent à ce débat. Les Archives Nationales de Tunisie abritent les documents relatifs à l’histoire de ces institutions, ainsi que d’autres devenus de véritables objets d’art comme les contrats de mariages beylicaux. Cette institution est donc un lieu privilégié pour présenter l’histoire des musées sous la forme d’une exposition : La législation muséale en Tunisie, documents d’archives ; les débats pourront de plus grâce à sa médiation échapper au strict cadre de l’institution muséale pour en réinventer les normes.

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